Afrique politique

Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 04:32

le 12 janvier 2010

 

Mon cher Rodrigues,

En lisant dans Le Parisien daté du 10/01/2010 ta revendication de l’attaque armée contre les bus des joueurs togolais (Coupe d’Afrique des Nations (CAN)), je fus surpris des termes que tu as employés : « On est en guerre,tous les coups sont permis ».

Dans le même temps, l’un de tes amis du Congo Brazzaville osait me faire le parallèle avec la France lorsqu’elle combattait sur son sol l’Allemagne nazie. Les faits non rien à voir mais dans le cas contraire, il te faudra expliquer aux Africains pourquoi le valeureux combattant que tu es s’en prend, par combattants interposés au Cabinda, puisque toi tu es en France, à des équipes sportives au lieu d’attaquer l’ennemi angolais !

Il ne t’est jamais venu à l’idée que la CAN était l’occasion rêvée pour faire connaître au monde la situation des Cabindais. L’exploitation des ressources du pétrole par l’État angolais est un énorme scandale, sans oublier les nombreuses exactions commises par le colonisateur.

Dans la charte du FLEC, datée du 22 décembre 1996, dans son préambule, vous notez : « L’Organisation de l’Unité Africaine a classé en 1964 le Cabinda 39e État d’Afrique à décoloniser. » Je te rappelle également que dans la charte de l’OUA, cette organisation ne pouvait changer de nom tant qu’un seul État resterait colonisé. Aujourd’hui, l’OUA s’appelle l’Union africaine et le Cabinda est toujours sous occupation angolaise. Mais il est vrai que José Eduardo Dos Santos, le président angolais à de nombreux amis dans le coin tel le tyran de Brazzaville le général Sassou Nguesso ou ses amis français de Total, entre autres.

La situation sur le terrain au Cabinda est beaucoup moins simple que tu veux bien le faire croire. En 2006, un accord de paix a été signé entre la direction du FLEC représenté par l’actuel ministre angolais des Droits de l’Homme, Antonio Bento Bembe et le pouvoir angolais. Mais comme dans de nombreux conflits, une fraction d’irréductibles a refusé cet accord et poursuit le combat par la violence. À l’intérieur du FLEC tu représentes la branche armée (FLEC-Position militaire). D’ailleurs une autre fraction armée a également revendiqué l’attaque meurtrière !

Il faudrait que tu assumes tes choix et que tu évites de vouloir faire croire que les victimes l’ont été par accident. En tirant sur des soldats angolais, et en mitraillant les bus où se trouvaient les joueurs de l’équipe de football togolaise, tu savais parfaitement qu’ils y auraient sans aucun doute possible des dégâts collatéraux.

Mon cher Rodrigues, tu es le double de ton ennemi angolais Dos Santos, l’un et l’autre vous avez manipulé le CAN pour votre propre chapelle ; le fait d’avoir averti les dirigeants du CAN du danger de jouer au Cabinda n’excuse rien, ce n’était que du chantage Peu importe les exactions commises pourvu que le monde est les yeux braqués sur vous. Dos Santos en voulant faire jouer des matchs au Cabinda a voulu faire croire qu’il dominait la situation mais la réalité sur place ne pouvait que dégénérer ; et toi Rodrigues, je te garantis que tu ne sortiras pas grandi de cette aventure car les Africains (tes frères pour reprendre ton expression) savent désormais que pour arriver à tes fins tu n’hésites pas à les faire tuer.

Je ne peux que déplorer une fois de plus l’irresponsabilité des opposants à un régime autoritaire. Au lieu de vous en prendre à des sportifs, vous feriez mieux de chercher une situation négociée par la diplomatie et également si cela ne suffit pas, toucher l’adversaire angolais où cela fait mal : la manne financière que représente l’extraction du pétrole. Mais si tu préfères l’adage : œil pour œil, dent pour dent, alors de très nombreux cabindais vont encore mourir pour satisfaire ton ego et celui de tes complices.

Permets-moi également de te rappeler qu’en France les réfugiés politiques ont un devoir de réserve. À moins que tu sois également de nationalité française… qui sait !

 

Alain Paul NICOLAS

 

1) Secrétaire général du Front de Libération de l’État du Cabinda-Position militaire (Flec-Pm).

Par Rebelles d'Afrique et d'ailleurs - Publié dans : Afrique politique - Communauté : Actualité panafricaine.
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /2009 04:45

Plus de quarante-cinq ans après la fin de la colonisation des pays d'Afrique, il serait temps que les Africains prennent, enfin, leur destin en main.


L'indépendance de leur pays n'est pas encore amorcée, que déjà se profile à l'horizon de nouveaux dangers qui ne font que s'ajouter à ceux existants déjà.

Le président de la République française, Monsieur Nicolas Sarkozy, veut faire croire que lui-même et le gouvernement dirigé par François Fillond défendent les intérêts de la France :et de l'Afrique en s'engageant dans des contrats plus mirobolants les uns que les autres.

En réalité, Monsieur Sarkozy défend les intérêts de ses amis français et ceux de ses amis d'Afrique qui dans les faits ne sont que des alliés interchangeables.

L'indépendance commence déjà par le concept et la mise en œuvre d'un nouveau système politique en Afrique. La Constitution française appliquée en Afrique ne fonctionne pas. La société africaine, de par son histoire - n'en déplaise à Monsieur Sarkozy -, se rapproche plus des monarchies européennes que de la République française.

Il semble judicieux de rappeler aux différents chefs d'État d'Afrique, et ils sont nombreux (Kadhafi, Wade, Moubarak...), qui sont tentés d'installer par des élections tronquées leurs fils après eux, qu'ils méconnaissent l'histoire politique de leur continent. Dans la monarchie africaine, appelée aussi chefferie, à la mort du roi ce n'est pas son fils qui devient automatiquement roi. Le nouveau roi est élu par l'ensemble des princes. Tel par exemple au Niger.

Pour présenter le nouveau système politique, je m'appuierai sur l'exemple du Niger.

L'actuel président, Tandja, vient de faire un coup d'État afin de conserver le pouvoir fin 2009 car la Constitution nigérienne ne lui permettait d'effectuer, au maximum, que deux mandats non renouvelables de cinq ans. Il fut le garant de la Constitution durant ses dix ans !

Aujourd'hui, il la piétine pour satisfaire son ego. Après avoir dissous l'Assemblée nationale, puis le Conseil constitutionne, il a organisé un référendum, qu'il a largement gagné, quand on est àla fois juge et arbitre, pour lui permettre d'effectuer une présidence à durée indéterminée.

Son idée pour se donner une légitimité autant à l'intérieur qu'à l'extérieur der son pays, c'est la création, entre autre, d'un Conseil des Sages, qui serait composé des chefs traditionnels, des marabouts... et qui dans les faits lui servirait de faire valoir. C'est certainement une grave erreur de sa part.

Pour présenter mon projet politique pour l'Afrique, je partirais de cet exemple précis avec une différence de grande importance.

Le pouvoir sera constitué de trois entités différentes :

- Un pôle politique représenté par le Premier ministre issu de la majorité qui gagnera les élections, chargé de mener et d'appliquer la politique qu'il avait proposé lors de la campagne des législatives. Avec bien entendu l'Assemblée nationale où siège les députés élus ;

- La création d'une Chambre Haute dont les membres seront composés de représentants de la société civile, de syndicats, de chefs traditionnels, des membres du Conseil économique et social, des partis politiques non représentés à l'Assemblée nationale, des représentants des religions.

Une chambre de réflexion sur la société nigérienne et de propositions de lois et de tous projets qui pourront être proposés au Gouvernement.

Les projets de lois du Gouvernement y seront débattus et amendés... Mais seule l'Assemblée nationale aura vocation àles adopter ;

- La création d'un Conseil des Sages où siègeront les chefs de canton, les marabouts...
 
Le chef de canton prend le nom de Roi.

Les princes pourront se présenter aux élections municipales et législatives mais ne pourront jamais siéger au Conseil des Sages. Seuls les rois le peuvent.

Le Chef del'État du Niger sera élu parmi l'un de ces rois et par cette assemblée. Il représentera son pays tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Niger. Son rôle est l'arbitrage entre le peuple et le Premier ministre.

Cette assemblée n'aura pas de pouvoir de décision politique mais de conseil et de médiation.

Aucun militaire en active ou en retraite ne peut se présenter à aucune des élections. Depuis la fin de la colonisation, de nombreux militaires ont été engagés dans des actions violentes contre le pouvoir et la population. Ses actions sont à définir tant sur le plan intérieur que sur ses engagements extérieurs, en partenariat avec l'Union africaine ou sous l'égide de l'ONU.

Le débat est lancé.

                                                                                                                                              NICOLAS

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